• 2016-11-14 BAHOU Guehi Laurent Fidèle

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    UNIVERSITÉ PARIS 8

    2, rue de la Liberté

    93526 SAINT-DENIS cedex 02

    Bureau des thèses D 217

    Martine Macin

     Saint-Denis, le 11 novembre 2016 

    *

    AVIS DE SOUTENANCE DE DOCTORAT

    (Arrêté ministériel du 7 août 2006)

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    Ecole doctorale « Pratiques et théories du sens »

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    Discipline : Philosophie

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    Monsieur Fidèle BAHOU

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    Titre de la thèse :

    LA QUESTION DE LA CONQUETEDE L’HUMANITE ET DE LA DIALECTIQUE DE LA

    RECONNAISSANCE A PARTIR DU PASSAGE

    « DOMINATION ET SERVITUDE » DE LA SECTION CONSCIENCE DE SOI

    DANS LA PHENOMENOLOGIE DE L’ESPRIT DE HEGEL

      

    Membres du Jury :  Monsieur Stéphane Douailler (Paris 8, Directeur de recherche) 

      Monsieur Patrick Savidan (Université Paris Est)

      Madame Tanella Boni (Univ. d’Abidjan, pré-rapportrice hors du jury)

      Monsieur Etienne Tassin (Université Paris 7)

      Monsieur Bertrand Ogilvie (Paris 8)

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    Date :  Le Lundi 14 Novembre 2016 à 9 h00

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    Lieu : A l’Université Paris VIII

    Salle D 143

     Bâtiment D, 1er étage

     

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    Guéhi Laurent Fidèle Bahou : La question de la conquête de l’humanité et de la dialectique de la reconnaissance à partir du passage “Domination et Servitude” de la section “Conscience de soi” dans la Phénoménologie de l’esprit de Hegel.

    Résumé de la thèse

    *

     

    La question de l’accès à l’humanité se laisse concevoir et penser au sein d’une longue tradition selon la double orientation d’un passage de la nature à la culture et de la vie isolée à un univers d’altérités partagées. G.W. Hegel en a spectaculairement repris et énoncé pour la philosophie les termes en lui donnant la forme d’une dramaturgie de la conscience embrassant la totalité du savoir et de l’expérience au sein du mouvement historique. Et c’est la Phénoménologie de l’esprit, oeuvre extraordinaire, inclassable, séduisante autant par ses défauts manifestes que par l’originalité de sa conception et de sa composition, qui comme un catéchisme en image pour enfants, en projection lumineuse, décrit d’une manière vivante et dramatique, le mouvement de la conscience depuis la naïveté première de la << certitude sensible >> jusqu’à l’universalité du << savoir absolu. >> La thèse retrace l’épopée de la conscience au travers de ses différents stades, depuis la conscience jusqu’à l’esprit absolu.

     

    Cette thèse prend donc son départ dans une relecture minutieuse des passages célèbres que Hegel consacre dans cette perspective à la dialectique de la Maîtrise et de la Servitude. Elle s’attache à en ressaisir la difficulté singulière au regard de la démarche hégélienne, du système qu’elle institue, du réel dont elle entend se saisir, enfin de la réception ambiguë dont elle a fait l’objet. Prenant pour hypothèse que cette dialectique appelée également celle du maître et de l’esclave se mue chez Hegel ou après lui en une proposition philosophique à laquelle il est arrivé de se tenir comme en excès sur elle- même, la thèse se confronte à la configuration-en-excès aux problématiques ultérieures de la reconnaissance, aux stratégies qu’elles développent à l’endroit de la dramaturgie hégélienne, et notamment au riche ensemble de relectures dont elle fait l’objet dans diverses polémiques développées dans le cadre des études culturelles. Dans cet optique, elle s’appesantit d’abord sur la théorie bourdieusienne de la lutte symbolique.

     

    L’œuvre sociologique de Bourdieu est dominée par une analyse des mécanismes de reproduction des hiérarchies sociales. Bourdieu insiste sur l’importance des facteurs culturels et symboliques dans cette reproduction et critique le primat donné aux facteurs économiques dans les conceptions marxistes. Il entend souligner que la capacité des agents en position de domination à imposer leurs productions culturelles et symboliques joue un rôle essentiel dans la reproduction des rapports sociaux de domination. Ce que Pierre Bourdieu nomme la violence symbolique, qu’il définit comme la capacité à faire méconnaître l’arbitraire de ces productions symboliques, et donc à les faire admettre comme légitimes, est d’une importance majeure dans son analyse sociologique.

     

    Cette thèse met ensuite en évidence l’approche honnethienne de la reconnaissance. La notion de reconnaissance selon Axel Honneth permet mieux de rendre compte de la manière dont se résolvent les conflits individuels et sociaux que ne le feraient les notions d’intérêt, d’appétit de pouvoir ou les principes abstraits comme l’amour, l’égalité ou la liberté. Si l’objet de la philosophie morale est de définir le juste et le bien, alors elle doit placer très haut le besoin de reconnaissance de l’identité d’autrui. Pour l’approcher de manière plus concrète, Honneth fait appel à la psychologie sociale de George H. Mead qui, au début du siècle dernier, avait tenté de décrire la genèse de l’individu moderne : selon lui, plus le sujet est autonome, plus il dépend de la reconnaissance par autrui de son irremplaçabilité. Pour Honneth, ce processus joue à tous les niveau de la sociabilité humaine, et permet de décrire les champs relationnels auxquels l’individu à affaire. Ainsi, l’amour ou la sollicitude personnelle construisent le cercle de relations primaires ( famille, amis ), la considération et le respect fondent l’univers des relations juridiques et sociales , l’estime et la reconnaissance de l’utilité de chacun fondent les solidarités de groupes ( nations, associations).

     

    Enfin la thèse étudie le désir mimétique et la reconnaissance. René Girard, inspiré par la littérature et la mythologie, révèle la dimension conflictuelle de l’imitation et son rapport avec la violence. << L’homme désire toujours selon le désir de l’Autre >> est le postulat du désir mimétique, dans un conflit tragico-comique dont les protagonistes deviennent interchangeables et transformés en << doubles >> symétriques, << en miroir >> dans une relation duale de la rivalité mimétique qui conduit à la violence mimétique. Sur la scène collective, la violence mimétique suscite la victime émissaire, bientôt transformée en dieu parce que son sacrifice a ramené la paix sociale. La violence et le sacré démonte ce dispositif qui expulse la violence en engendrant le sacré. Sur le plan individuel, selon Girard, les hommes se haïssent parce qu’ils s’imitent. Le mimétisme engendre la rivalité, mais en retour la rivalité renforce le mimétisme. Les protagonistes d’un tel conflit tragique ou comique ne voient pas qu’ils sont interchangeables, symétriques, des << doubles >>, mais l’observateur extérieur le voit : il y a double logique, celle du désir et celle de l’imitation. En d’autres termes, faire de l’Autre un modèle, c’est faire de lui un rival.

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