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  • 18/05/2017. Colloque. Exil / Désexil. Philosophies de l’autre monde. (...)

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    COLLOQUE UNIVERSITÉ DE PARIS 8

     

    « EXIL/DÉSEXIL. PHILOSOPHIES DE L’AUTRE MONDE. CONSENTEMENT ET DÉSOBEISSANCE CIVILE/CIVIQUE ».

     

     

    18-19 MAI 2017

    Salle J005

    (salle de 60 personnes disposant d’un vidéo projecteur)

    Bâtiment J préfabriqué situé derrière le bâtiment A et l’amphi X

     

     

     

    À l’issue d’un long parcours de réflexions, de rencontres, d’enquêtes et de discussions, dont les étapes se sont cristallisées dans des colloques et des publications, Marie-Claire Caloz-Tschopp et tous ceux qui ont travaillé avec et autour d’elle aboutissent aujourd’hui à un nouveau moment, moment de synthèse et de bilan momentanés avant un re-départ. Ce moment se concrétise en un colloque de longue haleine, réparti sur plusieurs pays et plusieurs mois. Le thème général de ce moment réflexif est contenu en un mot, un néologisme issu de la discussion générale, celui de Désexil. Ce mot qui est plus une question qu’une réponse se propose d’orienter la réflexion vers les procédures par lesquels les peuples et individus déplacés entreprennent de contrecarrer, sur place ou dans un déplacement, dans l’affrontement ou dans la révolution intérieure, les effets de la violence subie afin de lui donner une issue positive de résolution ou de reconstruction. Plus que d’une résistance, il s’agit d’un mouvement d’invention et de création qui décide d’outrepasser une simple logique de réponse à la situation imposée, pour faire de cette situation la base d’une dynamique politique et psychique qui modifie les termes qui lui sont imposés, et fasse du politique un lieu de décision innovante et non de simple organisation de l’état des choses.

     

     

     Dans ce domaine il est clair que c’est de la parole, de la réflexion et de l’action des déplacés que l’initiative doit venir, plus que de ceux qui pensent cette histoire à partir de la mauvais conscience réflexive et critique des dominants. Sans prendre de parti définitif sur la question des capacités de la raison occidentale à faire la critique de ses limites, il peut être intéressant de mettre celle-ci momentanément entre parenthèse pour laisser la parole à des voix venues ou revenues d’ailleurs.

     

     

     C’est la raison d’être du sous-titre de la branche française du colloque, qui se tiendra à Paris, à l’Université de Paris 8, les jeudi 18 et vendredi 19 mai : Philosophies de l’Autre monde. Les créations philosophiques, verbales, conceptuelles, pratiques, issues des déplacés, de ceux qui ont fui leur terre d’origine pour de multiples raisons, politiques ou économiques et qui se sont trouvés transportés dans un autre monde, et se sont constitués eux-mêmes en autre monde, définitivement déracinés tant de leur pays d’origine que de leur terre d’accueil, permettront d’entendre cette nécessité d’avoir eu à se réinventer une autre identité sur la base de cette double perte, et les effets d’innovation politique, psychique et intellectuelle produit par ce processus, riche d’enseignement pour toute politique qui veut se dépasser elle-même. 

     

     

     Dans le prolongement de cette analyse, c’est à la question de ce qui renverse la servitude en une désobéissance non pas seulement civile (opposant la société civile à l’État, la société civile acceptée comme telle s’indignant des comportements de l’État) mais aussi civique (qui fonde à nouveau la citoyenneté en se pensant comme ayant une portée constituante, donc virtuellement étatique). Dans une période de l’histoire où la question du politique s’est lentement déplacée d’une logique de l’obéissance à une dynamique disciplinaire puis de cette dernière à celle d’une production de comportements par avance intégrés à des sociétés de contrôle, cette dernière dimension venant surdéterminer les précédentes, l’idée de « désobéissance » ne peut être que profondément transformée. Il ne peut être aujourd’hui question de désobéir simplement au souverain ou à ses figures de remplacements, pacifiquement ou violemment, mais il faut d’un même geste désobéir à des normes plus insidieuses, intégrées, intérieures, et donner à ce pas de côté les moyens de court-circuiter les contrôles par d’autres prises en main.

      

     

     

    Jeudi matin : LES EXILS DANS L’HISTOIRE

    Présidente de séance : Delphine Diaz (maîtresse de conférences à l’Université de Reims Champagnes-Ardenne, responsable du programme ANR AsileuropeXIX).

     

     

     

    10h : Présentation Bertrand OGILVIE et PatriceVERMEREN.

     

    « Violence et désobéissance dans l’exil au XIXe siècle, Europe/Amérique latine ». Les notions d’exil et de « desexil » seront questionnées à travers un aperçu historique des formes de politisation des exilés au XIXe siècle en Europe et en Amérique latine en centrant le propos sur les interactions parfois violentes des exilés avec les États d’origine et d’accueil, les espaces politiques de rencontre et de mobilisation au sein des sociétés d’accueil. 

     

     

    10h30/11h

    • Hugo VERMEREN (docteur en histoire contemporaine, post-doctorant du programme ANR AsileuropeXIX) : « Violences politiques, résistances à l’expulsion : parcours d’un réfugié politique italien, Giorgio Libri-Bagnano (1780-1836) »

     

     

    Partisan de Napoléon Bonaparte lors de l’occupation française en Italie à la fin du XVIIIe siècle, Giorgio Libri-Bagnano (1780-1836) est issu d’une riche famille de la noblesse florentine réfugié en France en 1802. Éternel insoumis, il est condamné trois fois par les tribunaux français, expulsé à deux reprises, envoyé au bagne, baladé de prison en prison, pour finalement trouver un nouveau refuge à Bruxelles. Insatiable pamphlétaire, il y fonde Le National, quotidien financé par l’occupant hollandais, avant d’être à nouveau violemment expulsé lors de la révolution belge du 25 août 1830. Son parcours illustre l’intense mobilité des exilés politiques dans l’Europe du XIXe siècle. Il nous renseigne sur la position instable des réfugiés dans des sociétés d’accueil dont le contexte politique local était sans cesse changeant. Il témoigne également de leur confrontation permanente et parfois violente avec les institutions administratives, policières et judiciaires. 

     

    Pause déjeuner 12h30/14h30

     

     11h/11h30 :

    • Edward BLUMENTHAL (maître de conférences, Université Paris III) : « Exil, droit des gens et droit d’asile en Amérique du Sud, XIXe siècle »

     

    Cette intervention analysera les débuts du droit d’asile en Amérique du sud au XIXe siècle. Parmi les juristes de cette époque, la question de l’exil avait une place d’importance (bien qu’ils aient plutôt parlé d’émigration, asile et "destierro"), et beaucoup d’entre eux avaient connu l’exil. Utilisant le droit des gens et le droit naturel, ces juristes formulèrent les droits des États et des individus en situation d’exil, et cherchèrent à concilier les droits des États à accorder (ou refuser) l’asile, avec les droits individuels de l’émigré. Ces réflexions formèrent la base de la période de codification du droit d’asile, maintenant compris comme partie d’un droit international positif, qui s’ouvre à la fin du XIXe siècle avec les conférences internationales américaines. 

     

     

    11h30/12h :

     · Romy SANCHEZ (docteure en histoire contemporaine, Université de Paris I Panthéon-Sorbonne) : « Des bureaux new-yorkais au champ de bataille : les exilés cubains séparatistes et le rapport à la violence, 1840-1880 »

     

    La geste patriotique cubaine relègue les exilés au rang d’élites abritées dans le confort des capitales européennes et états-uniennes, tandis que la première guerre d’indépendance (1868-1878) fait rage sur l’île caraïbe. Pourtant, l’examen des sources révèle des liens bien plus poreux entre l’exil "doré" des hommes d’affaires et des écrivains et le combat armé sur l’île et à l’étranger. La violence est loin d’être seulement l’apanage de la guerre, mais les proscrits partisans d’une séparation de l’Espagne s’avèrent être en contact fréquent avec des situations d’exil à bien des égards violentes et conflictuelles. 

     

     

    12h/12h30  : questions et discussion générale.

    Pause déjeûner 12h30/14h30

     

     

    Jeudi après-midi : LES DEUX EXILS

    Président de séance : Martin Macias (Doctorant Université Paris 8)

     

     

    14h30/15h30

    • Éric LECERF (Université Paris 8) : Des chemins empruntés par Jean Malaquais : ce qui se contredit de l’exil dans une conscience apatride.

     

    Lorsque Jean Malaquais reçoit le prix Renaudot en 1939 pour son roman Les Javanais, la préfecture de Police ne s’y trompe pas. Il s’agit d’un juif polonais nommé Jan Malacki, l’un de ces « métèques apatrides » que la république incarcèrera bien vite avant que l’État français ne les livre à la gestapo. Dans son Journal de guerre, publié à l’aide de Norman Mailer en 1943, puis dans Planète sans visa, Malaquais, traducteur et commentateur de Marx (dans une version plus conseilliste qu’orthodoxe) traitera cette question, à partir de son expérience, mais aussi comme figure d’un universel qui ne saurait se discuter sans que lui soit donnée, au titre de principe, une hétérogénéité qui engage autant le concret de nos existences que la ressaisie d’un imaginaire politique instituant l’utopie comme non-lieu permanent. 

     

     

    15h30/16h30

    • Barbara ZAULI (ATER Paris 8) : L’exil est mon royaume : Albert Camus, praxis du désexil »

     

     

    16h30/17h30

    • Patrice VERMEREN : « On ne tue point les idées »

     

     

    17H30/18H30 :

    • Adelaïde GREGORIO FINS (Doctorante en Philosophie politique et éthique, Université Paris-Sorbonne / Université de Coimbra) : « La désobéissance dans les Nouvelles lettres portugaises (1972) face à l’État Nouveau au Portugal : quelles formes d’exils à travers les mots, la philosophie et la création littéraire ? »

     

    L’œuvre des « trois Marias » : Maria Isabel Barreno, Maria Tereza Horta, Maria Velho da Costa, Nouvelles lettres portugaises (Novas Cartas Portuguesas, 1972), Paris, Seuil, 1974, traduite par Evelyne Le Garret et Monique Wittig, montre que malgré la censure fasciste du régime de Salazar, les trois auteures parviennent à démystifier l’ordre normalisateur, dévoilant la nécessité de se libérer de la répression, et le sens d’une révolte étroitement liée aux combats féministes des années 1970 pour le respect de la dignité humaine.

     

     

    Vendredi matin : LES DEUX EXILS (suite)

    Présidente de séance : Mathilde Roussigne

     

     

    9h/10h30

    • Christiane VOLLAIRE et Philippe BAZIN : Une approche du mouvement des pobladores au Chili.Philosophie de terrain et photographie documentaire.

     

     L’approche de la philosophie de terrain vise, à partir des rencontres et des entretiens, à faire émerger une pensée commune de l’expérience des sujets, considérés comme acteurs d’une histoire qu’ils sont capables de réfléchir, et non comme témoins ou victimes d’événements qu’ils subiraient. Elle s’articule ici à une pratique artistique engagée de la photographie documentaire, à l’encontre du reportage journalistique, donnant à penser les rapports de l’esthétique au politique. 

     De ce point de vue, le mouvement des Pobladores au Chili, que nous sommes allés rencontrer en 2012, nous a donné des éléments pour réfléchir et regarder autrement une histoire des luttes et des revendications autour de la question concrète du logement, dans un pays marqué par la violence politique. Des sujets, subissant un exil de classe au sein de leur propre espace territorial livré à la spéculation immobilière, trouvent le moyen de construire des solidarités pour refuser l’expulsion et le mal-logement auxquels on prétend les assigner. Et dans le même temps, d’anciens exilés de retour dans leur propre pays attestent des filiations étroites qui lient la violence militaire des années soixante-dix à la violence économique actuelle.

     Le texte tiré des entretiens résonne avec les images des lieux, pour donner à penser une problématique de la résistance à partir du terrain des luttes. 

     

     

    10h30/11h30 

    • Frederico LYRA  : « MTST (Mouvement des travailleurs sans toit) et zones d’attente ».

     

     

    11h30/12h30

    • Julia CHRIST  : « La tradition comme exil »

     

    Pause déjeûner 12h30-14h30 

     

     

    Vendredi après-midi : QUELLE DÉSOBÉISSANCE AUJOURD’HUI ?

    Président de séance : Alejandro Bilbao

     

     

    14h30/15h30

    • Augustin GIOVANNONI : « Grammaires de l’exil. L’avec, l’entre, le commun ». 

     

     

    15h30/16h30 :

    • Ahmet INSEL : « Les possibilités de la désobéissance civile face à une autocratie élective »

     

     

    16h30/17h30 : 

    • Norbert WASZEK et Stéphanie BAUMANN  : « Un retour en Allemagne après l’exil ? Theodor W. Adorno et la problématique de la “Remigration“ ».

     

     

    17h30/18h30 : 

    • Fedra CUESTAS : « De l’exil à l’asile : un passage impossible » 

     

     

    18h30/19h30 :

    • Marcelo N. VIÑAR : « Terreur politique et Exil/Désexil. Empreintes subjectives. Réflexions d’un psychanalyste »

     

     

    19h30 :

    • Bertrand OGILVIE : « Entre Nouveau monde et monde nouveau, contrainte, consentement, servitude »

     

      

     

     

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