Samedi du livre. BELL HOOKS, De la marge au centre. Théorie féministe 24.03.2018

 

BELL HOOKS, De la marge au centre. Théorie féministe.

 

Samedi du Livre organisé par le Collège International de Philosophie

24 mars de 10h à 13h

Médiathèque Jean-Pierre Melville ; 79, rue Nationale, 75013 Paris, France / Métro : Olympiades (ligne 14)

 

Discussion avec :

  • Nassira Hedjerassi (Univ. Reims/ Champagne-Ardennes),
  • Pauline Vermeren (Univ. Paris 7),
  • Nadia Yala Kisukidi (Univ. Paris 8 / CIPh),
  • Valérie Gérard (CIPh).

 

Avec De la marge au centre, son deuxième essai paru aux États-Unis en 1984, bell hooks poursuit la réflexion initiée dans Ne suis-je pas une femme ? Étudiant les succès et les manquements des mouvements féministes qui ont traversé le xxe siècle, elle constate l’échec de la création d’un féminisme de masse qui s’adresserait à toutes. Ramener le féminisme de la marge au centre, c’est faire en sorte qu’il puisse s’adresser à toutes, et notamment à celles que les féministes ont le plus souvent oubliées : les femmes noires et les femmes des milieux populaires — quand elles ne les ont pas prises en compte simplement pour les instrumentaliser. Il s’agit donc d’oublier le mythe de la condition féminine, qui voile les différences (de race, de classe) entre les femmes, tout en les réduisant à un statut de victimes, produisant en plus les hommes comme ennemis. Or, il ne s’agit pas de combattre les hommes, mais de renverser la structure hiérarchique de la société.

C’est à partir de là que le féminisme sera révolutionnaire : qu’il ne se contentera pas de viser une intégration des femmes dans une société qu’une perspective féministe radicale conduit à refuser dans son ensemble.

Cette nécessité révolutionnaire de la massification, qui suppose de s’adresser à toutes — mais aussi à tous -, et donc de réfléchir aux conditions matérielles d’existence qui, de fait, séparent les unes, les uns et les autres (classe, race, sexe), conduit à évaluer les positions féministes (sur le travail, la famille, la maternité, les relations avec les hommes, l’homosexualité, le pouvoir, la sororité...), et à penser des alliances (avec les hommes, avec le mouvement homosexuel, avec des femmes blanches).

Qu’il s’agisse de penser des idées ou des alliances, ce féminisme s’oppose toujours à des positions ou à des pratiques à visée hégémonique, qui écraseraient les différences et les expériences d’une partie des femmes, reconduisant des pratiques de domination. Il s’agit, aussi, de penser avec et de parler avec les autres, depuis les différences, sans chercher à les résorber.